Un automne chez la pianiste

Monique Désy Proulx
décembre 2011

Je ne sais pas ce que dit la météo sur le jour précis où commence l’hiver, mais selon moi, ça y est, c’est parti. Il y a de la neige dehors, je chauffe le poêle le matin en me levant, je rentre des bûches tous les deux ou trois jours et il fait noir à quatre heures et demie. Y’a pas à dire, il est fini ce doux automne qui a coloré nos jours pendant presque trois mois. L’hiver est bel et bien arrivé. Pour ma part, je vais en profiter pour hiverner. Je m’enferme afin d’écrire ce fameux livre que je mûris comme une pomme depuis près de dix ans. Je le produis cet hiver, je le cueillerai au printemps, vous le lirez l’automne prochain, dans un an.
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L’été des tomates…

Monique Désy Proulx
septembre 2011

L’été s’est achevé ce matin, à 5 h 40. Nous voici donc en automne, même s’il fait beau et chaud aujourd’hui. Après un printemps péniblement pluvieux, l’été nous a gratifiés d’un temps merveilleux, un temps à coucher dehors ! C’est d’ailleurs ce que j’ai fait : dormi dehors, mangé dehors, travaillé dehors. Le péché, quand le soleil brille, c’est de ne pas en profiter.

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Le Richelieu en crue…

Monique Désy Proulx
juin 2011

On le sait tous, la rivière Richelieu a débordé ce printemps.

Ce qu’on connaît moins, c’est la rivière elle-même, qui prend sa source dans le lac Champlain et court sur 124 kilomètres dans la région la plus fertile du Québec, avant de se déverser dans le fleuve Saint-Laurent à Sorel. Quand les Européens sont arrivés ici, ce cours d’eau était beaucoup fréquenté par les Iroquois, qui vivaient sur un territoire allant de l’actuel État de New York jusqu’aux rives du fleuve Saint-Laurent. La rivière était leur autoroute, leur « canoroute » en quelque sorte. Continuer la lecture

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Un printemps à la flotte !

Monique Désy Proulx
juin 2011

Dans quelques jours ce sera l’été, mais je m’empresse de vous parler de notre printemps québécois qui a fait tant pester les gens cette année.  Combien ont songé, sous la pluie incessante, le froid et le vent, à déménager pour se retrouver en Provence ou dans les îles du sud ? Et vous, qui venez précisément de ces îles tropicales, sans doute avez-vous pensé à y retourner pour fuir notre climat ingrat !

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Et de Paris à Saint-Antoine…

Monique Désy Proulx
mars 2010

Ce soir, je fais le ménage de la paperasse que j’ai rapportée de Paris. Chaque bout de papier me rappelle un petit moment extrait de mes dix jours de voyage dans la capitale française, la belle, l’orgueilleuse, la riche, cette ville tellement remplie d’histoire et de magnificence que ça en donne le tournis !

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De Saint-Antoine à Paris…

Monique Désy Proulx
mars 2010

Avez-vous aimé votre hiver ? Moi, oui. Je l’ai aimé blanc, enneigé, avec son soleil, ses tempêtes et sa lune qui colore les champs. Vive la neige, cette couverture pour la terre qui garde en son sein les graines prometteuses d’étés fleuris. Amoureuse de la belle neige, j’ai enfin trouvé comment le peindre, cet hiver que tant de gens croient à tort ennuyeux et gris.

Après m’être souvent frappé le nez contre l’exceptionnelle difficulté qu’il y a à rendre la beauté de cette saison, trois sapins m’ont inspirée. Ils habitent derrière chez moi. Depuis que je les ai peints à l’acrylique, ils ne me semblent plus pareils. Je les connais mieux. Tous les jours, je les vois par la fenêtre, croyant apercevoir trois rois de la forêt : Balthazar, Melchior et Gaspard.

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Songe d’une journée d’hiver

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Monique Désy Proulx 1er décembre 2010 L’hiver se pointe le nez pour une troisième fois depuis que j’ai acheté mon Proulailler. Tempus fugit. Ce matin, mon pays est blanc, la lumière éclate de partout et le feu brûle dans ma cheminée. … Continuer la lecture

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• La couleur de mes minarets

Monique Désy Proulx
1er août 2010

Déjà le mois d’août ! Même s’il fait obstinément beau et que le soleil continue d’avoir le dernier mot, j’ai l’impression que l’été ne fait que commencer. Il faut dire que j’ai passé une partie de la saison à peinturer mon Proulailler, ce qui n’est pas une mince affaire.

Comme le bâtiment est situé entre deux grosses maisons, l’une couverte d’un toit bleu et l’autre parée de clin jaune, j’ai voulu former un trait d’union et mettre la mienne… verte. Après des mois de réflexion, j’en suis venue à fixer mon choix sur un vert «avocat». Et pour contraster avec cette couleur soutenue, j’ai décidé de peindre en blanc les nombreuses fenêtres donnant sur la rivière et en rouge les trois portes ornant la façade. Mais que de doutes et d’hésitations avant de procéder !

Le seul fait de déterminer ma teinte de blanc m’a valu au moins trois allers-retours au magasin, car je suis passée d’un blanc «mayonnaise» à un blanc «champignon», j’ai ensuite bifurqué vers un blanc «crème», pour finalement m’arrêter sur un blanc «simplement blanc» ! Quant au rouge, après avoir opté pour du rouge clair, du genre «pompier», j’ai rectifié le tir et acheté un rouge «tomate séchée», plus sombre et nuancé. Me voilà maintenant avec une multitude de pots de peinture à ranger. Heureusement que j’ai des tableaux à faire au cours des années qui viennent!

Devant l’assortiment de couleurs que j’ai finalement choisies, des gens m’ont mise en garde : «Ne crains-tu pas que ça fasse “années soixante-dix”» ?, m’a dit mon amie Michèle, dont je respecte tellement le bon goût. «Je me méfierais du côté “noël”», m’a conseillé une voisine architecte… Un ex-amoureux, toujours aussi délicat, m’a jeté à la figure que c’était désolant de voir à quel point je n’avais pas de goût ! On comprendra que j’aie hésité avant de me jeter à l’eau et de donner mes premiers coups de pinceau… J’ai pourtant fini par me lancer, car l’idée revenait toujours. Je tenais à ce que ma maison, qui est unique par son histoire et son architecture, soit également unique par ses couleurs. Surtout, je voulais qu’elle soit souriante et tonique, qu’on ait envie d’être de bonne humeur en la regardant. J’avais aussi l’idée de mettre en valeur ses nombreuses fenêtres et sa vocation de bâtiment de ferme. Eh bien, maintenant que c’est fait, je vous le dis de but en blanc, en toute humilité : pari relevé !

D’abord, quand le soleil joue sur la surface de la maison, les murs sont rayonnants. Les marguerites et les hémérocalles tranchent sur la masse de vert sombre. Les fenêtres blanches éblouissent et les portes rouges éclatent. Mon ami Daniel, qui m’a aidée à peinturer, m’a suggéré de peindre aussi en rouge les trois bouches d’aération en métal qui surplombent le toit. J’ai dit oui tout de suite et nous avons même orné l’intérieur de ces bouches de petites ampoules qui s’allument la nuit et font comme des lampions au dessus de ma toiture argentée. Depuis, celle-ci paraît mauve à la tombée du jour et ses reflets bleutés ondulent sous la pluie. J’appelle ces trois structures mes « minarets », car leur forme cylindrique surmontée d’un cône effilé leur donne une allure moyen-orientale.

Alors, même si je ne peins pas de tableaux cet été, j’ai le sentiment de travailler à une gigantesque œuvre en plein air ! J’ai aussi l’impression de sculpter une matière vivante quand je taille les arbres et soigne mes plates-bandes, où grossissent chaque jour les arbustes et d’où sortent comme par enchantement dahlias et glaïeuls. Dans mon potager, derrière, les citrouilles géantes me surprennent avec leurs magnifiques fleurs jaunes, qui s’ouvrent le matin et se referment ensuite. À côté, j’ai posé des dizaines de tuteurs pour soutenir les lourdes branches de mes tomates en folie. La citadine que je suis s’épate chaque jour de voir toute cette vie prendre forme.

Avant-hier, pour recevoir ma sœur qui venait de Toronto avec sa tribu (mari, beau-frère, belle-sœur et enfants), j’ai fait une grosse quiche et une salade presque entièrement avec ce que j’avais cueilli chez moi : tomates, courgettes, laitue, basilic et oignons. C’était tellement bon ! J’ai rarement été aussi fière de servir un plat de mon cru.

Ce qui me ravit plus que tout, dans cela, c’est le plaisir des couleurs. Au milieu du potager, quel régal pour l’œil : un accord se forme entre le sombre violet des aubergines, le vert acidulé des laitues et le rouge vif des tomates. Ici et là, le jaune côtoie le rose, le pourpre s’entend avec le carmin, le mauve s’accouple à l’orange, tout cela sur fond de vert gazon et de ciel bleu, dans une parfaite harmonie.

Dans quelques jours, je pars justement dans le Bas-du-Fleuve, comme chaque été, enseigner l’art des couleurs qui me fascine tant et dont les principes fondamentaux se retrouvent à l’état pur dans la nature. Il y a là tout le mystère de la lumière qui s’incarne et qui m’émeut. Pareil pour mes minarets : quand je les vois pointer au-dessus de ma maison, comme des fleurs d’acier le jour et des lumignons la nuit, je suis émue.

Le Proulailler, été 2010

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• Le printemps des beaux dimanches…

Monique Désy Proulx
16 juin 2010

Mon printemps a été marqué par trois événements, trois beaux dimanches de fêtes en musique et en vivaces, à un mois d’intervalle : dimanche 18 avril, dimanche 16 mai, dimanche 13 juin.

D’abord en avril, j’ai chanté au Château Saint-Antoine, cette construction rocambolesque, ce trip fou d’un architecte québécois, canadien-français devrais-je dire, qui est allé se promener au Maghreb vers 1870 et qui en est revenu follement amoureux de l’architecture mauresque, style que l’on associe aux palais marocains… L’architecte voyageur suggéra alors à un de ses riches clients de se construire une demeure inspirée par des arabesques orientales, des crénelages et d’élégantes arcades. C’est ainsi qu’un M. Cartier de Saint-Antoine, cousin d’un des pères de la Confédération canadienne, Georges-Étienne Cartier, s’est retrouvé propriétaire de ce qui s’appelle aujourd’hui le Château Saint-Antoine et qui sert de cadre à de luxueuses noces. C’est aussi là que j’ai chanté au printemps, le 18 avril, lors d’un spectacle visant à recueillir des fonds pour mettre sur pied une coopérative d’alimentation, un marché assorti d’un bistro, le tout portant le nom un peu bancal de Magasin Général… Je vous ai déjà parlé de ce projet et aujourd’hui il est en marche.

J’avais préparé un répertoire de circonstances, je chantais entre autres Tout va très bien Madame la Marquise, chanson que j’ai dédiée à Mme Raymond, l’actuelle propriétaire des lieux, une Française que j’imagine très bien pendant un séjour en France appeler son concierge, ici au Québec, pour lui demander si tout va bien au château, celui-ci lui répondant innocemment que oui, tout va très bien, à part le fait que la Jaguar a sauté, que le garage s’est effondré et que, tant qu’à y être, eh bien le château a brûlé… mais à part ça, Mme Raymond, tout va très bien, tout va très bien, lalalala ! En ressortant cette vieille chanson des oubliettes, j’ai fait rire notre hôtesse à gorge déployée ainsi que toute la salle. L’événement a obtenu tout le succès désiré et nous avons recueilli cinq mille dollars en un après-midi ! Je crois que j’y ai été pour quelque chose, car les gens étaient de bonne humeur, ce qui les a aidés à ouvrir leurs goussets.

Cet événement terminé, j’ai commencé à organiser mon « party de vivaces ». J’invitais des amis à m’apporter des vivaces pour que nous les plantions ensemble, avant de nous asseoir pour célébrer le printemps avec des bouteilles de mousseux et d’autres nectars sacrés. Or, pour recevoir ces vivaces et ces gens, il me fallait préparer les plates-bandes, désherber, ramasser les traîneries, laver la maison et dégager le terrain. Bref, je n’ai pas arrêté une minute et quand le jour J est arrivé, le dimanche 16 mai, il faisait un temps à ravir et mes amis sont venus avec des dizaines de plantes à mettre en terre. J’en ai eu ensuite pour des jours à m’éreinter afin d’éviter que meurent ces petits bébés chéris.

La journée s’est déroulée à merveille, ce fut du bonheur au cube. Mais dès qu’elle fut terminée, je me suis mise en route pour un autre événement, cette fois mon concert d’élèves, qui avait lieu ici un mois plus tard, le dimanche 13 juin. Entre-temps, je voulais peinturer l’extérieur de ma maison. J’ai donc revêtu mes oripeaux de peintre en bâtiment, acheté des gallons de peinture, des pinceaux et des rouleaux, loué des échafaudages et c’était parti, mon chantier était ouvert. J’ai réussi à le fermer une heure avant l’arrivée des élèves, le 13 juin dernier, pour la générale à laquelle je les avais convoqués. Entre deux coups de pinceau, je pratiquais mes pièces et j’envoyais mes invitations. Ouf ! Que de stress…

Cependant, la musique est bien vivante et mes vivaces aussi. La plupart de celles que j’ai plantées en mai attendent encore pour fleurir et j’aimerais que vous y soyez quand elles vont éclore, car la beauté donne envie de partager. C’est comme la musique, on a beau ne pas aimer se montrer en public et ne pas être exhibitionniste, on a beau être timide même, la musique incite à partager. Et quand ça fait huit ou neuf mois qu’on travaille une pièce tout seul dans son coin, il faut la mettre au monde devant les gens. Ça rend chacun heureux, je pense, aussi bien ceux et celles qui la font que ceux et celles qui la reçoivent. Pourtant, c’est difficile et même dangereux, car si on se trompe, si on se plante, on peut avoir l’air fou, on peut se sentir nul, on peut en arriver à se dire qu’on n’a pas sa place sur scène, qu’on n’a même pas sa place tout court. C’est peut-être alors le temps de réfléchir à cette idée d’André Malraux, qui affirmait que « la vie ne mérite pas d’être vécue, mais plutôt d’être vaincue ». C’est l’effort et l’intention que l’on met à réaliser les choses qui leur confèrent leur valeur. C’est l’amour et l’énergie qu’on insuffle à nos actions qui les rendent fortes et qui leur donnent de l’élan.

Ainsi en fut-il de mes élèves, dimanche dernier, qui ont surmonté leurs craintes de jouer en public et de chanter devant les gens, sans microphone, sans éclairage, sans artifice, pour donner aux autres et se donner à eux-mêmes de petits moments d’éternité. Ce sont ces moments qui servent de finale à mon printemps 2010.

L’été peut maintenant arriver. Je suis prête !

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• Une révolution invisible

Chronique des saisons

Monique Désy Proulx
février 2010
pour Guyane-Québec

 

Avez-vous aimé votre hiver ? Pour ma part, je l’ai trouvé plutôt timide. En général, je préfère les hivers plus rigoureux, plus enneigés, plus « je m’enferme à la maison comme une ourse dans sa grotte »… Cependant, ce n’était pas le moment, cette année, de m’enfermer « comme une ourse dans sa grotte ». 

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