Et de Paris à Saint-Antoine…

Monique Désy Proulx
mars 2010

Ce soir, je fais le ménage de la paperasse que j’ai rapportée de Paris. Chaque bout de papier me rappelle un petit moment extrait de mes dix jours de voyage dans la capitale française, la belle, l’orgueilleuse, la riche, cette ville tellement remplie d’histoire et de magnificence que ça en donne le tournis !

Tiens, voici une facture du Café Bataclan, sur le boulevard Richard-Lenoir, là où j’ai offert un soir à mes deux hôtes, Chantal et Normand, un digestif après qu’ils m’eurent eux-mêmes offert un souper au restaurant. Dans ce café, le serveur semblait nous avoir oubliés, alors on l’a appelé et rappelé pour qu’il vienne prendre notre commande. Quand il est enfin arrivé, il nous a sermonnés : « Non, mais, c’est que vous êtes drôlement assis autour de votre table ! Vous prenez de la place… »  « Pardon, lui avons-nous dit, mais où est le problème ? »

En fait, nous avions tourné nos chaises pour mieux nous voir et bavarder, alors qu’au départ la disposition semblait suggérer aux clients de regarder dehors. Oh ! Quelle faute ! Au fond, ce type attaquait pour ne pas être attaqué, tactique éternelle et éprouvée, car il nous avait négligés et ne voulait pas se le faire reprocher. Nous nous sommes alors dit qu’il fallait bien être à Paris pour voir pareille attitude de la part d’un serveur… N’empêche, voilà la seule personne désagréable que j’ai rencontrée pendant mon séjour, contrairement aux autres fois où j’y suis allée et où l’on me chapitrait constamment, pour un oui et pour un non

Cette année, eh bien, les gens se sont montrés plutôt courtois et avenants. Ainsi, j’ai le souvenir d’un lieu fort sympathique qui me revient en mémoire en voyant un billet de cinéma dans ma pile. C’est le reçu que j’ai gardé pour un film vu au Lucernaire, ce lieu original situé dans une ancienne usine et que j’ai découvert par hasard dans Montparnasse. On y trouve du cinéma d’auteur et des pièces de théâtre, une librairie et une salle d’exposition, ainsi qu’un restaurant. Ça grouille là-dedans, l’atmosphère est décontractée et chaleureuse, et la programmation formidable.

Je continue à faire mon ménage…  Tiens des billets d’entrée dans des musées. Ah, j’en ai vus, des expositions !  Musée Maillol : des sculptures de Miro ; Musée du Judaïsme : des toiles de Chagall ; Petit Palais : une exposition fouillée sur Jean-Louis Forain, cet artiste à l’esprit caustique qui fut l’ami de Verlaine et de Rimbaud, ce peintre d’un Paris fêtard que Toulouse-Lautrec admirait. Je n’avais jamais entendu parler de lui auparavant, et me voici connaissante de tout son parcours. Encore une exposition, vue le dernier jour, à la Cité de la Musique : Brassens. Celui-là je le connaissais bien, maintenant je le connais mieux.

Ce que j’ai préféré, ce sont mes balades en vélo. Découvrant les bienfaits du Vélib, ces bicyclettes parisiennes qu’on retrouve à tous les 300 mètres, je m’en suis donné à cœur joie, moi qui retrouve mes quatorze ans dès que je chevauche une bécane ! Pistes cyclables ou non, je sillonnais les rues, guide du routard à la main, mon sac dans le panier et mes yeux grands ouverts. C’est ainsi que je suis passée à travers les Champs-Élysées sans trop m’en faire, sur la rue de Rivoli à la sortie des bureaux, le long des quais devant les bouquinistes, dans les Jardins du Luxembourg avec la marmaille courant dans les allées et les mamans lisant au soleil, à Montmartre et dans Montparnasse, devant la tour Eiffel, sur les vieux ponts de pierre qui tiennent encore debout, et même jusqu’à la porte de Pantin, au nord-est, là où se trouve le Conservatoire de Paris et la Cité de la Musique, avec Brassens en prime.

Les arbres fruitiers étaient en fleurs et le temps était doux.

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