• Les arts, pour s’éviter des malheurs

ÉlanLa pratique des arts comporte une dimension symbolique qui permet à l’humain d’exprimer sa vie intérieure, avec les sentiments qui l’agitent. Par exemple, la révolte peut se traduire en jouant des notes discordantes sur un violon, en peignant un tableau tout en rouge ou encore en dansant jusqu’à épuisement. Alors, la vie affective prend forme sur le plan symbolique plutôt que sur le plan réel, ce qui est à la fois plus efficace et plus enrichissant. À mon avis, une société qui ne montre pas à ses enfants comment faire une telle «trans-formation» se prépare des lendemains brutaux, car on étouffe quand on ne peut pas manifester ce qu’on ressent. L’art sert à cela : à former de l’or avec de la boue, à changer les faiblesses en forces. C’est pourquoi chaque fois que j’entends annoncer le retrait d’un cours d’art dans les écoles, je me dis qu’on prépare le terrain pour un monde de malheurs.


Aujourd’hui, au moment où des gens expriment leur désespoir en tuant leurs semblables, on devrait se demander, parmi toutes les questions qu’on se pose, comment ces personnes ont été nourries sur le plan artistique. Quand quelqu’un éclate, nos gouvernants parlent d’instaurer et d’améliorer les mesures de sécurité, mais ils feraient bien aussi de prévenir les coups en s’assurant que chaque enfant a accès à cet aliment spirituel qu’est l’art, pas celui qu’on achète, mais celui qu’on fait. Cela, il me semble, éviterait quelques carnages. C’est tellement mieux d’entendre un saxophone qu’un fusil.

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