Pourquoi la musique?

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J’ai nourri le projet d’écrire ce livre pendant une dizaine d’années. À l’automne 2011, quand les éditeurs du CHU Sainte-Justine ont accepté de le publier, j’ai commencé la rédaction, sans savoir que je m’embarquais dans un tel trajet au long cours. Chaque thème que j’avais choisi d’aborder m’a surprise par la richesse de son contenu et la multiplicité des informations qu’il me faisait découvrir. Je ne me suis pas ennuyée en faisant ma recherche!

Si je me suis lancée dans cette aventure, c’est d’abord pour répondre à mes propres questions. J’ai fait beaucoup de musique dans ma vie, et le piano constitue une sorte d’extension de moi-même. Pourtant, je n’ai jamais très bien compris pourquoi. Bien sûr, je peux invoquer mon histoire personnelle, car je viens d’une famille où l’on fait de la musique depuis longtemps. Ma mère jouait du Chopin et du Debussy, et son propre père avant elle en avait fait autant, sortant ses cahiers le dimanche en revenant de la messe. À l’époque, mon père à moi fut charmé d’entrer dans cette famille Désy où frères et sœurs chantaient joyeusement autour du piano sur lequel jouait Rita.
Je soupçonne que c’est ce qui rendit amoureux mon paternel, le beau Georges-Henri, qui était fasciné par cet instrument et qui regretta toujours de ne pas savoir en jouer. Je serais donc venue au monde à cause d’un piano ? Peut-être…

Pourtant, ma question demeurait. La musique me réjouissait et je me demandais pourquoi, car mon éducation musicale m’avait laissée sur mon appétit. D’une part, j’avais bénéficié d’une formation rigoureuse qui avait étanché ma soif de défis et d’excellence, j’avais étudié des œuvres que j’aimais, qui m’avaient ouvert des perspectives et donné la possibilité de m’exprimer de façon authentique ; mais d’autre part, j’étais incapable d’improviser, d’accompagner spontanément des amis et de jouer
à l’oreille. Or, j’avais l’esprit à la fête et j’adorais chanter. Il y avait en moi deux parts irréconciliables : d’un côté, la pianiste qui se défendait plutôt bien en interprétant des pièces de Bach, de Brahms ou de Chostakovitch, et de l’autre une personne attirée par
la chanson française et le jazz, la composition et l’improvisation, mais ignorant comment traduire tout cela à l’instrument.

Un jour, j’ai décidé de combler cette lacune. Après avoir obtenu un baccalauréat en sociologie, j’ai entrepris un baccalauréat en musique. Grand bien m’en fit, car chaque jour m’apportait des réponses. J’ai vu que l’art musical touchait à des territoires si vastes que je pourrais y passer ma vie. J’ai appris à improviser, à jouer à l’oreille, à repiquer des chansons. Et j’ai compris qu’au fond, la musique appartient à tout le monde et que chacun y trouve son compte, car elle est le mouvement même de la vie. Pour participer à
ce mouvement, il suffit de chanter et de danser, comme la nature le fait, comme l’univers entier le fait avec ses étoiles et ses galaxies qui vibrent sans fin. L’éducation musicale m’est alors apparue comme une nécessité absolue, un jardin à ouvrir à toute âme enfantine.

Au fil des ans, j’ai enseigné le piano et fait de la scène, mais j’ai aussi travaillé comme rédactrice, traductrice et réviseure linguistique. Après avoir écrit sur mille sujets et lu mille manuscrits, j’ai concentré mes énergies sur ce domaine qui me tient à cœur : la musique. Voici le fruit de ma quête.

Bonne lecture !
Monique

* Pour acheter le livre?
http://www.editions-chu-sainte-justine.org/livres/pourquoi-musique-257.html

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