• Le parc à Papineau!

Les promoteurs du futur Centre hospitalier universitaire de Montréal s’apprêtaient récemment à construire leur édifice en hauteur dans un terrain donné jadis par Louis-Joseph Papineau, homme politique qui l’avait offert en 1818 à la Ville pour en faire un parc. Aujourd’hui, il y en a qui voient ce parc comme un simple «bout de gazon»… Ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Papineau constitue un des fondements de notre société. Papineau, c’est un symbole, une lignée fondatrice. C’est comme Ulysse chez les Grecs, Vercingétorix chez les Gaulois, Sitting Bull chez les Lakota. Papineau, c’est une tête, une « bolle » comme on dit aujourd’hui, c’est la « tête à Papineau » ! Une tête bientôt mise à prix par les Anglais qui craignaient ce galvaniseur de foules. Papineau, c’est la tentation de l’indépendance, la revendication d’une souveraineté populaire, la révolte des Patriotes, l’exil aux États-Unis, l’échec d’un rêve de société, les compagnons pendus au bout d’une corde devant le fleuve Saint-Laurent (là où les détenteurs du pouvoir veulent maintenant creuser une autoroute, pour achever de nous faire oublier notre passé)… Papineau, c’est aussi les liens du sang avec les familles Cherrier, Viger, Bourassa, ce même Henri Bourassa qui a fondé le journal le Devoir… Papineau, c’est un peuple et une histoire.

En ayant l’idée d’effacer encore et toujours les traces de cette histoire, la nôtre, et de construire un édifice de dix-huit étages dans ce parc, on s’apprêtait à suivre nos prêtres contemporains de la médiocratie là où ils nous mènent depuis cinquante ans: vers l’anéantissement, vers l’oubli.

Au contraire, en épargnant ce petit parc du centre-ville qu’on appelle la Place Chénier, on vient de sauver des décombres un morceau de sens. C’est à partir de ces morceaux qu’on donne forme à une existence collective et à un avenir.

Merci, Mme Bourassa, descendante de Louis-Joseph Papineau et d’Henri Bourassa. Merci d’avoir sorti l’acte de donation de votre ancêtre et d’avoir fait valoir l’importance de la continuité. Ouf! Tout n’est pas perdu.

Monique D Proulx
15 mai 2008

Cette entrée a été publiée dans Commentaires sur Montréal. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à • Le parc à Papineau!

  1. Je vais poser une question qui démontre mon ignorance, mais je n’ai aucune idée où se trouvent le Parc Papineau et la place Chénier.

    Merci de le faire savoir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *