• Télé et séduction de l’image

À la télé, l’image frappe tellement l’esprit qu’en écoutant les nouvelles au petit écran, on a l’impression d’apprendre quelque chose, alors que bien souvent, il n’en est rien! Je l’écoute assez peu souvent pour me rendre compte qu’on ne me dit pas grand chose quand j’allume l’appareil censé m’ouvrir une fenêtre sur le monde. Et j’enrage. C’est de la poudre aux yeux! De la manipulation sémantique.

Par exemple, on nous annonce sans rire qu’en construisant une autoroute en milieu urbain où passeront 150 mille voitures par jour, les résidents des quartiers riverains s’en porteront mieux! Même si partout au monde les autoroutes se sont avérées des garanties de congestion, on affirme sans honte qu’ici, il n’en sera pas de même. Et pour nous faire avaler la pilule, on appelle cette voie rapide à haut débit la RUE Notre-Dame! Une «rue» bordée d’un mur antibruit… vous voyez ça souvent? Ici, dans les quartiers centraux de l’est de Montréal, c’est ce que nous propose notre gouvernement affairiste, qui semble ne pas savoir qu’un fleuve géant coule d’un côté et que des milliers d’enfants grandissent de l’autre. C’est peut-être qu’ils ont des petits copains dans les compagnies de béton et que leurs membres ne connaissent pas trop leur géographie…

Ils veulent donc passer une autoroute en tranchée, de style Décarie, devant le lieu où ont été pendus les compagnons de combat de Louis-Joseph Papineau, comme le noble chevalier de Lorimier, mort au bout d’une corde comme un bandit de grand chemin, par les bons soins des Anglais. Mais vous en souvenez-vous? Les enfants apprennent-ils, à l’école, que des gens ont quitté cette vie en criant vive la liberté, qu’ils ont été envoyés au trépas après s’être battus pour que vive le peuple canadien-français? Moi, je n’ai appris l’existence du chevalier de Lorimier qu’à l’âge adulte, longtemps après avoir fait des études universitaires.

Cette absence d’histoire, cette négation du passé, tout cet oubli d’une tradition d’intelligence, de bon goût et d’amour du pays, c’est parfaitement désespérant.

D’ailleurs, beaucoup de jeunes se désespèrent de voir le monde dans lequel ils débarquent.

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