• Noël dans le poulailler…

par Monique Désy Proulx
pour le journal Guyane-Québec
décembre 2008

J’ai promis à Tiburce, le rédacteur en chef du journal Guyane-Québec, que je vous raconterais mon automne, ô combien chargé, au cours duquel j’ai vendu mon appartement de Montréal pour m’acheter une maison au bord de la belle rivière Richelieu, dans la vallée du même nom, échappant ainsi à la hantise que j’avais de me retrouver à vivre à côté d’une autoroute montréalaise.  Et du coup, je réalisais un projet qui me trottait dans la tête depuis longtemps.  Je vous raconte…

À la fin de l’été 2008, le 31 août plus précisément, j’ai aperçu sur le bord d’une route bucolique un ancien poulailler qui était à vendre en tant que « loft à la campagne ». Le poulailler avait subi des rénovations majeures au début des années 2000. Cuisine neuve, armoires en mélamine, grande salle de bain, électricité et plomberie refaites.  Le bâtiment m’a donné à rêver, moi qui imaginais depuis longtemps un lieu que je ferais vivre en musique et en poésie, en couleurs et en feux de camp, un lieu où je vivrais moi-même, dans la beauté de la nature et dans l’espérance des jours à venir.  Je venais de trouver ce lieu.

Saint-Antoine est situé au cœur d’une région agricole, une des plus anciennes de la Nouvelle-France, appelée jadis le « Grenier du Canada », à cause de la richesse de ses terres.  Là se sont battus et sont morts des Patriotes pour que vive le fait français en Amérique.  La rivière que longe le village a longtemps été appelée la Rivière des Iroquois, parce que les Indiens s’en servaient pour faire le lien entre le lac Champlain aux États-Unis et le fleuve Saint-Laurent à Sorel. Plus tard, les Français l’ont renommée Richelieu, en l’honneur d’Armand Jean du Plessis de Richelieu, cardinal, duc et pair de France, ministre de Louis XIII.

Son nom lui va bien. Voilà de riches lieux.  Le cours d’eau sillonne une région bucolique.  On dit que c’est la Loire du Québec ! Dans le comté, plusieurs  rangs sont bordés d’arbres, comme en France.  L’été, on passe sous leur cime comme dans un tunnel.  Ici, le climat est assez doux et les gens sont affables.  Il y a une douceur de vivre, établie depuis longtemps.

J’ai donc acheté l’endroit, vendu ma propriété de Montréal, fait mes bagages et emménagé, le tout en deux mois!  Depuis, je travaille comme une forcenée pour m’installer, je démolis des placards, je  plâtre, je peinture, je pose, je défais, je refais, je me trompe, je corrige et je n’arrive pas à finir d’ouvrir mes boîtes.

J’ai invité mes amis et ma famille pour la veille du jour de l’an. Serai-je prête?  Certainement pas tout à fait.  Il me faudra sans doute des années avant que les lieux me ressemblent totalement, mais à Noël j’aurai peut-être réussi à troquer mes habits de peintre pour ceux plus élégants d’une tenue de fêtes.  Alors je lèverai mon verre  pour dire tout haut : Joyeux Noël et Bonne année!

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